Azerbaïdjan : un président ordonnant les assassinats politiques de ses opposants et osant qualifier ses farces judiciaires de “procès de Nuremberg” (LIBERTAS)
- 23 mai
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En février 2026, lors de la Munich Security Conference, le président Ilham Aliyev a comparé les détenus arméniens jugés à Bakou aux criminels nazis poursuivis lors des procès de Nuremberg. Une telle comparaison soulève de profondes préoccupations juridiques, historiques et morales, toutes exposées dans un récent rapport* de l’International and Comparative Law Center, sapant ainsi cette tentative de Bakou de s’arroger l’un des symboles historiques majeurs de la justice pénale internationale pour essayer de criminaliser des victimes arméniennes**.
Les procès de Nuremberg reposent sur des principes fondamentaux du droit international : transparence, indépendance judiciaire, présomption d’innocence et droit effectif à la défense. Or, plusieurs éléments des procédures actuellement menées à Bakou suscitent de sérieuses inquiétudes quant au respect de ces garanties fondamentales.
Contrairement au Tribunal militaire international de Nuremberg, composé de juges internationaux représentant plusieurs États, les procédures engagées à Bakou se déroulent devant une juridiction militaire nationale d’un État directement partie au conflit. Des préoccupations ont également été exprimées concernant l’accès limité des observateurs indépendants, des médias internationaux et des représentants diplomatiques aux audiences.
Le respect de la présomption d’innocence constitue un autre principe essentiel. Pourtant, plusieurs déclarations officielles ont présenté les accusés comme coupables avant même le prononcé d’un jugement définitif.
Par ailleurs, les poursuites engagées contre d’anciens représentants du Haut-Karabakh soulèvent des interrogations quant au risque de criminalisation rétroactive de fonctions politiques exercées dans le cadre d’un conflit ayant fait l’objet de négociations internationales pendant près de trente ans sous l’égide du Groupe de Minsk de l’OSCE.
D’autre part, cette parodie des “procès de Nuremberg” à Bakou apparaît d’autant plus déplacée pour LIBERTAS que, dans le même temps, plusieurs affaires en Europe soulèvent de graves inquiétudes concernant les méthodes attribuées au pouvoir azerbaïdjanais à l’encontre de ses opposants. Ainsi depuis 2021, quatre opposants politiques azerbaïdjanais réfugiés en Europe ont été assassinés en France, en Belgique, en Turquie et en Géorgie, et l’affaire actuellement jugée à Rennes***, relative à l’agression d’un blogueur azerbaïdjanais réfugié en France, évoque les liens entre certains réseaux criminels et des intérêts proches du pouvoir de Bakou.

Les principes de Nuremberg ont été créés afin de protéger les peuples contre les persécutions ethniques, les discriminations raciales et les violations massives des droits humains. Instrumentaliser cette référence historique dans un contexte marqué par le déplacement forcé de plus de 100 000 Arméniens du Haut-Karabakh soulève de sérieuses préoccupations au regard du droit international et des droits humains.
LIBERTAS rappelle que toute procédure judiciaire doit respecter les standards internationaux relatifs au procès équitable, à l’indépendance de la justice et à la protection des droits fondamentaux. Les analogies historiques ne peuvent être utilisées pour légitimer des procédures qui suscitent d’importantes préoccupations juridiques et internationales.
Le Parlement européen, par ses multiples résolutions demandant la libération des otages d’Etat arméniens****, n’est pas dupe des grands écarts moraux du régime de Bakou et LIBERTAS appelle à nouveau Kaja Kallas et l’exécutif européen à suivre ces résolutions justes, montrant ainsi de la fermeté vis à vis d’un régime qui n’hésite plus à traquer ses opposants sur le sol européen.
**Rappel : 20 otages d’Etat arméniens croupissent encore dans les geôles de Bakou
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LIBERTAS agit pour la libération des otages d’Etat arméniens et la réhabilitation des prisonniers libérés․



