top of page

DES OTAGES ARMÉNIENS LIBÉRÉS TÉMOIGNENT (LIBERTAS)

  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture

Des entretiens récents de LIBERTAS avec des otages libérés témoignent de plusieurs difficultés psychologiques, matérielles et de réinsertion, et révèlent la nécessité d’une protection par l’Etat avec l’octroi d’un statut de victimes de la guerre, inexistant à ce jour.


Ces témoignages incarnent la vie des otages, après leur captivité, en complément des résultats de l’enquête psychosociale auprès d’un échantillon d’otages libérés*, menée par INTRA**.


De gauche à droite (non floutés) : Hilda Tchoboian (LIBERTAS), Sofik (ARPI), Khatchatour Gasparian (INTRA), Tatevik (ARPI)
De gauche à droite (non floutés) : Hilda Tchoboian (LIBERTAS), Sofik (ARPI), Khatchatour Gasparian (INTRA), Tatevik (ARPI)

Lors de leur capture par l’ennemi, plusieurs anciens otages servaient dans l’armée avec un contrat temporaire ; d’autres étaient en service militaire.


A leur libération, ils ont été mis sous surveillance médicale pendant 2 jours, puis ont été longuement interrogés par les services de sécurité d’Etat. Pour des raisons qui lui sont propres, l’armée n’a pas souhaité les réengager.


Relâchés, ils ont été rendus à leur famille sans aucun accompagnement médical, psychologique ou social.


“Tous ces hommes ont subi des violences handicapantes de toutes sortes pendant leur captivité, nécessitant une prise en charge de leurs problèmes psychosociaux par un organisme dédié” a estimé Hilda Tchoboian, coordinatrice de LIBERTAS.


LIBERTAS a mis en place un programme de soins psychologiques réalisé par les psychologues du centre INTRA de santé mentale et de l’ONG ARPI***, ce qui a assuré le traitement de leurs troubles du stress post-traumatique lors des séances individuelles, familiales et collectives.


Interrogés après avoir suivi ce programme, les anciens prisonniers témoignent de leur sentiment d’abandon par l’Etat et la société arménienne : depuis leur libération les services de l’Etat ne se sont pas inquiétés de leur sort.


L’enquête montre qu’un grand nombre d’entre eux, en particulier ceux issus de milieux défavorisés, sont confrontés à des problèmes de survie matérielle perturbant encore plus leur bien-être psychologique, et aggravent leur déclassement.


“L’Etat doit intervenir afin de geler les emprunts bancaires contractés avant leur capture par l’ennemi. Au lieu de cela, la loi permet aux banques de prélever 30% de leur maigre salaire, pour ceux qui ont la chance de travailler; les sans emplois, eux, font face à des poursuites judiciaires pour les impayés pendant leur captivité. L’absence de revenus peut être à l’origine de cas d’alcoolisme pour certains, pour d’autres de célibat forcé, ou de perturbations familiales” décrit Hilda Tchoboian.


Une conférence en Octobre 2026 réunira à Erevan des experts et des instances nationales et internationales pour élaborer et proposer une politique nationale adéquate aux problèmes des otages arméniens.

__


LIBERTAS agit pour la libération des otages d’Etat arméniens et la réhabilitation des prisonniers libérés․


*Extrait du rapport d'INTRA, présentant les résultats de l’enquête menée en 2025 auprès de 39 anciens prisonniers de guerre arméniens, portant sur leur situation psychosociale, leurs besoins actuels et les domaines dans lesquels elles pourraient bénéficier d'un soutien. Sur l’ensemble des personnes interrogées, la moitié environ fait face à des problèmes de nature psychologique et la même proportion fait face à des problèmes de nature sociale :

«Les résultats de l'enquête indiquent que les difficultés rencontrées par les prisonniers de guerre et les anciens prisonniers de guerre qui ont été capturés et sont revenus, ainsi que par les membres de leur famille, en raison de la guerre, peuvent être classées comme suit :

1) problèmes financiers et économiques (par exemple, obligations liées à des emprunts, dont certains ont été contractés avant la captivité, tandis que d'autres ont été contractés en raison de l'incapacité de travailler pour des raisons de santé, l'éducation d'un enfant ou d'autres causes).

En outre, en vertu de la législation arménienne en vigueur, les personnes rapatriées après avoir été captives ne sont pas couvertes par l'assurance maladie et ne bénéficient pas de tous les privilèges accordés aux participants aux hostilités.

2) Santé, dont une partie importante est liée aux conditions de captivité et aux problèmes acquis à la suite de violences physiques pendant la captivité

3) des problèmes de santé secondaires liés à diverses maladies des membres de la famille, en particulier des parents, des enfants et d'autres parents au premier degré

4) divers problèmes psychosociaux liés à l'adaptation, à la stigmatisation/stigmatisation/ et les nouvelles difficultés découlant de ce qui précède. Cette composante comprend également d'autres questions problématiques concernant l'intégration dans l'environnement social et l'expression de soi après le retour de captivité.

Malgré certains changements positifs en matière d'adaptation, l'absence ou la disponibilité limitée d'un soutien empêche leur pleine intégration dans les communautés.

Le rapport souligne la nécessité d'un soutien psychosocial continu et coordonné, ainsi que de programmes de stabilisation sociale et économique, afin d'assurer le bien-être et la stabilité à long terme de ce groupe.»

**INTRA Fondation Seda Ghazarian pour la santé mentale à Erevan, est partenaire de LIBERTAS pour déployer en Arménie son programme de soutien psychosocial aux anciens prisonniers de guerre.

Dirigé par Khachatur Gasparyan, INTRA est également soutenu par la Délégation en Arménie du CICR, et ses experts coopèrent également avec l’ONG française « Santé Arménie » et l'hôpital psychiatrique Vinatier de Lyon - France.

***ARPI est une ONG arménienne. Des assistantes sociales et psychologues d’ARPI travaillent sur le terrain pour le soutien psychosocial aux anciens prisonniers de guerre, en partenariat avec INTRA, dans le cadre du programme de LIBERTAS. ARPI, à sa création, aidait des enfants et des femmes victimes du séisme de 1988, et aujourd’hui coopère notamment avec le Fondation Aznavour.


  • Facebook
  • X
  • Instagram

Suivez nous :

bottom of page