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  • L’Azerbaïdjan a kidnappé deux soldats arméniens en territoire arménien (Libertas)

    Le collectif LIBERTAS appelle la France et l'Union européenne à exiger leur libération immédiate ainsi que celle de tous les détenus et prisonniers de guerre arméniens. Paris, Lyon, Genève, le 5 juin 2023 Le collectif LIBERTAS pour la libération des prisonniers de guerre arméniens informe que, le 26 mai 2023, deux nouveaux soldats arméniens, H. Hovakimyan et K. Ghazaryan, ont été enlevés par l’armée de l’Azerbaïdjan à la suite d’une incursion illégale dans le territoire souverain de l’Arménie. Alors qu’ils livraient de l’eau et des vivres aux unités de l'armée arménienne gardant la frontière dans la province du Syunik, H. Hovakimyan et K. Ghazaryan sont tombés dans une embuscade dans la réserve forestière de Shikahogh. La mère de H. Hovakimyan a expliqué à Ra dio Free Europe qu e son fils faisait régulièrement des allers-retours sur cette même route où il a été kidnappé avec son camarade. Elle a notamment déclaré : "Il conna ît très bien cette route et ne s’en serait pas écarté d'un pouce”. Le Ministère arménien des Affaires étrangères a rapporté que l’Azerbaïdjan a appliqué pas moins que 6 chefs d’inculpations à l’encontre des deux militaires enlevés, dont le “terrorisme”, l’“incitation à la haine entre les peuples” et le “transport illégal d’armements”, les accusant d’activités de sabotage accompagnées de “violation des frontières” entre les deux pays. Le gouvernement arménien a demandé à la Cour européenne des droits de l'homme d'ordonner aux autorités azerbaïdjanaises de fournir des informations urgentes sur l'état de santé et les conditions de détention des deux soldats. Le collectif LIBERTAS rappelle qu’outre ces deux soldats kidnappés, l’Azerbaïdjan détient encore 33 prisonniers de guerre arméniens reconnus par le CICR et que l’Azerbaïdjan a condamnés à des peines allant de 4 à 20 ans de prison pour “terrorisme”, en violation de la Convention de Genève III du 12 août 1949 relative au traitement des prisonniers de guerre. Ce chiffre ne couvre pas “les disparus de force”, personnes capturées par l’armée azerbaïdjanaise depuis la guerre de 2020, estimés à 100 - 200 civils et militaires dont Bakou nie l’existence en dépit de nombreux témoignages et de preuves irréfutables. Malgré l’application par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de l'article 39 des mesures provisoires concernant des Arméniens capturés par l'Azerbaïdjan (octobre 2020), Bakou ne coopère pas avec cette dernière. Le 20 mai 2021, le Parlement Européen a adopté une résolution qui demande la libération immédiate et inconditionnelle de tous les militaires et civils arméniens, capturés ou arrêtés pendant et après le conflit, et demande à l’Azerbaïdjan de s’abstenir à l’avenir de procéder à des détentions arbitraires. Plusieurs ONG (Human Rights Watch), institutions (Parlement européen, Conseil d’Europe) et juridictions européennes (CEDH) ont confirmé que l'Azerbaïdjan continue de torturer et de soumettre les prisonniers de guerre à des traitements inhumains et dégradants.Le collectif Libertas pour la libération des prisonniers de guerre arméniens appelle la France et l’Union européenne à exiger la lib ération immédiate de tous les détenus arméniens, conformément aux dispositions du droit international, et aux engagements mêmes de l’Azerbaïdjan dans l’accord tripartite du 9 novembre 2020.

  • Il ne l’a vue que dix jours, sa fille a 3 ans aujourd’hui (Libertas)

    Dans la prison où il est retenu en Azerbaïdjan, Haykaz Hovhannisyan est un homme fort et aimant ; entouré d’une famille nombreuse, il garde espoir. Son frère, sa femme, son oncle nous racontent l’enfer auquel ils font face depuis sa capture. Haykaz Hovhannisyan es né le 8 mai 1992, âgé de 28 ans lors de sa capture par les forces armées Azerbaïdjanaise, il laisse derrière lui une femme et deux enfants. Son fils lui ressemble, et sa fille, qui ne l’a pour ainsi dire pas connu, parle sans cesse de lui. Chez cette famille unie et soudée contre le malheur qui la frappe, le souvenir et l’espoir sont le moteur quotidien, le nom du père retenu captif est constamment dans les conversations. Flora, sa femme, nous raconte : «Lorsque la nuit tombe, il m’est impossible de fermer les yeux, je ne fais que penser à lui, enfermé entre 4 murs, est-ce qu’il dort ? Comment se sent-il ?». Elle revit le souvenir d’un accouchement précipité sans la présence de son mari pour accueillir leur second enfant. « Haykaz a pu revenir au bout de 20 jours pour enfin rencontrer notre petite fille. Il était recouvert du sang de ses amis et me disait qu’il ne pouvait pas tenir l’enfant dans ses bras dans cet état ». Flora et son frère espéraient qu’il pourrait enfin rester auprès d’eux. Physiquement affaibli mais courageux dans l’âme, il a dû repartir avec l’espoir d’un retour proche. Les membres de la famille de Haykaz Hovhannisyan furent les dernières personnes à communiquer avec le groupe des 62 soldats qui ont été emmenés. Le dernier appel, c’est son frère qui l’a passé à 18h30 le 13 décembre 2020. Quelques instants après, ils devinrent officiellement prisonniers de guerre de l’Azerbaïdjan. De son frère aîné, il raconte que c’est un homme « qui fait les choses comme il faut ». Il travaille la terre, met sa famille à l'abri du besoin, son absence se fait ressentir à chaque seconde. Son oncle décrit “l’enfer qu’ils vivent tous les jours” depuis 3 ans. Troublés par cette situation, dans l’incompréhension des raisons d’en être arrivés là, c’est avec des notes d’humour qu’il raconte que Haykaz apprend l’arménien aux Azéris qui le retiennent captif. Dans de brefs échanges téléphoniques, quelques lettres, le tout placé sous très haute surveillance, il n’y pas de place pour des propos sur la réalité des deux côtés, juste des mots rassurants qui visent à remonter le moral des uns et des autres. « Tout le monde le sait, mais ça fait du bien » lâche le frère dans un soupir. Après la capture de Haykaz, sa famille découvre la situation via une vidéo circulant sur les réseaux sociaux. Flora me montre les images de son mari avec d'autres soldats arméniens contraints et forcés de dire sous la menace des armes que « le Haut-Karabagh appartient à l’Azerbaïdjan ». Les images sont lourdes, le son de sa voix résonne dans le silence de la pièce, les yeux de sa mère se remplissent. Son frère reprend qu’à la découverte de ces images, leurs ressentis étaient confus. Ils étaient partagés entre la joie de le savoir en vie et le choc de cette nouvelle épreuve qui attendait Haykaz. Il apprendra plus tard que la peine prononcée contre ce dernier est de 6 années. Flora a fait parvenir à son mari des photos de ses enfants, ainsi, chaque matin, le prisonnier de guerre salue sa famille, parle avec eux, et leur souhaite une bonne nuit. Sa femme nous raconte que ce sont ces petites choses qui l’aident à tenir. Elle reprend à propos de son fils, Koryun : « Lorsque son père est parti, il portait l’habit militaire. Après son départ, mon fils courait serrer dans ses bras chaque militaire qu’il voyait pensant qu’il s’agissait de son père. ». Lorsque l’on demande à cette famille unie ce qu’on peut lui apporter comme soutien, elle ne veut rien. « Nous ne souhaitons rien d’autre que le retour de notre Haykaz. Ni argent, ni biens, ni quoique ce soit. Rien ne pourra combler ce vide. Nous voulons qu’il rentre. » Patricia Tanielyan pour LIBERTAS 1er Octobre 2023

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